|
|
 |

| |
Les Oiseaux en difficultés... |
| |
« Les droits de la Personne, de la Nature et des Animaux font partie du même combat. » © Evelyne L. |
| |
|
| |
Au niveau européen, la création du réseau de protection de la faune et de la flore Natura 2000, inclut des Zones spéciales de conservation et des Zones de protection spéciales dans chaque pays de l'Union européenne. [1] Sans une telle prise de conscience et un tel réseau, les efforts de certains pays, comme les Pays-Bas, à certains niveaux, seraient à la longue voués à l'échec puisque les problèmes que rencontrent la flore et la faune, et particulièrement les oiseaux, ne s'arrêtent pas aux frontières.
Aux Pays-Bas, la biodiversité a toujours été prise très au sérieux par certains organismes de protection de la Nature [Natuurmonumenten], et la Ligue Néerlandaise de Protection des Oiseaux [Vogelbescherming NL] en partenariat avec d'autres organismes de protection des animaux, papillons et autres, et le travail qu'ils ont fait depuis les derniers vingt ans est fantastique. Dépollution des eaux, réhabilitation des zones marécageuses, des habitats naturels sauvages afin de redonner tous ses droits à la Nature et à la biodiversité : achats des terrains nécessaires à l'agrandissement de ces zones protégées, achat de terrains afin de relier certaines zones entre elles et permettre ainsi aux animaux de circuler sans danger ; réhabilitation des dunes et autres zones désertiques [project actuel en voie de progression], habitats privilégiés de certaines espèces, comme le Pipit rousseline [Anthus campestris] qui depuis 2005 ne niche plus aux Pays-Bas, et le lézard des sables qui en a disparu, mais qui peut-être pourra un jour être réintroduit... La Ligue néerlandaise de Protection des Oiseaux a même légué de l'argent à la Ligue française de Protection des Oiseaux [LPO], entre 1996 et 1998, « afin de protéger et d’assurer la pérennité de nouveaux sites pour les spatules hollandaises. ...et pour l’acquisition et la restauration d’anciens marais asséchés sur la réserve naturelle des Marais de Moëze-Oléron que la LPO gère, pour le compte de l’État, depuis 1985 et en Marais poitevin. » [2]
L'organisme de recherches sur les oiseaux, aux Pays-Bas [SOVON] organise tout le long de l'année le décompte de leurs populations et étudie ainsi les divers problèmes auxquels chaque espèce fait face, notamment à cause de la dégradation des divers habitats sauvages, du réchauffement climatique et de la politique agricole des derniers 50 ans : il faut savoir que ce sont les oiseaux des zones agricoles qui sont les plus menacés. Dans toute l'Europe, de l'Espagne à la Pologne, cette population a diminué de 50 % ces derniers 35 ans. Beaucoup d'espèces ont même disparu et beaucoup sont sur les Listes Rouges nationales et sur celle de Natura 2000, au niveau européen.
Au niveau des Pays-Bas, 78 espèces [40 % de tous les oiseaux nicheurs en Hollande] sont sur la Liste Rouge nationale, 38 espèces sont des migrateurs et une autre grande partie, des oiseaux des zones agricoles. Le Combattant varié [Philomachus pugnax] [3] et le Bruant proyer [Miliaria calandra] étaient déjà, en 2007, sur le point de disparaitre totalement de la campagne néerlandaise. Mais grâce aux recherches de SOVON et au travail de ses partenaires — également au niveau international avec BirdLife International —, les oiseaux bénéficient, en Hollande, d'une attention particulière, même les oiseaux de jardins.
|
À chaque espèce d'oiseaux en déclin ou en voie de disparition correspond, en Hollande, un projet distinctif, en rapport avec leur habitat et les difficultés spécifiques que rencontrent chacune : plusieurs espèces pouvant ainsi, évidemment, bénéficier d'un même projet. |
| |
Depuis 7 ans, SOVON organise aussi, chaque année en janvier, le décompte des oiseaux de jardins afin de comprendre aussi les difficultés que vivent cette catégorie, de tenter d'y remédier ou de les prévenir... En partenariat avec l'organisme de protection des oiseaux [Vogelbescherming NL], ils en sont arrivés à la conclusion qu'il était nécessaire de nourrir les oiseaux de jardins tout au long de l'année. [LIRE NOTRE DOSSIER SPÉCIAL : lien en haut à droite.]
|
| |
Sur les 78 espèces en voie de disparation en Hollande, figure le Moineau domestique [Passer domesticus] qui a perdu, en 25 ans, la moitié de sa population. En France, c'est le Moineau friquet [Passer montanus] qui est en mauvaise posture et figure sur la Liste Rouge française [© CUICN].
Tous les pays ont une Liste Rouge des espèces en diffficultés, en voie de disparition ou en danger d'extinction. Celle des oiseaux permet aussi, en partenariat avec BirdLife International, de mettre l'accent sur la protection d'habitats spécifiques au niveau international, surtout pour les migrateurs. Le Héron pourpré [Ardea purpurea] a été un temps en grande difficultés, aux Pays-Bas, à cause de la dégradation des zones marécageuses, mais aussi à cause de la sécheresse dans les pays d'Afrique, au Sahel en particulier où 2 milliards d’oiseaux hivernent chaque année... 59 % des 127 espèces d’oiseaux de l’Europe de l’Ouest qui hivernent au sud du Sahara sont en déclin. [4]
Le Héron pourpré [Ardea purpurea] figure toujours sur la Liste Rouge nationale et mondiale et sur celle de Natura 2000, au niveau européen. Tout est mis en oeuvre pour le sauver, mais il est difficile de tout prévoir surtout aux niveaux climatique et migratoire. En 2007, un projet spécial a été lancé, permettant de suivre 10 individus — équipés d'un mini émetteur satellite — dans leur voyage afin de mieux comprendre leurs difficultés, ainsi que leurs besoins, à ces niveaux... 38 des 78 espèces figurant sur la Liste Rouge Néerlandaise sont des migrateurs longue distance et une grande partie d’entre eux va au Sahel. [4]
La Spatule blanche [Platalea leucorodia] a également bénéficié du projet de restauration des zones humides et marécageuses, en Hollande, mais y bénéficie également de son propre plan de protection. Depuis 2002, le nombre d'individus, nicheurs et non nicheurs, est en continuelle progression. C'est même unique en Europe. [Par contre, en France, au Maroc ou au Mali, des chasseurs — encore eux ! — tirent toujours ces oiseaux protégés lors de leur migration, dans un sens ou dans l'autre : lire cet article de la LPO]. La Grue cendrée [Grus grus] niche aussi ici depuis 2001. Ces deux derniers ne sont pas sur la liste rouge. Quant à la Cigogne blanche [Ciconia ciconia], elle en est sortie depuis 6 ans, grâce à un plan de sauvetage démarré en 1969, alors même qu'elle avait pratiquement disparu du paysage néerlandais au milieu des années '70. La Cigogne noire [Ciconia nigra], par contre, ne niche toujours pas en Hollande et les individus qui y migrent l'hiver sont de moins en moins nombreux. Elle est classée parmi les "vulnérables", mais rien n'est encore fait pour elle sur le plan national, ni en France, où elle est en danger, ni sur le plan européen.
Si certains oiseaux nicheurs sont sur le point de disparaitre, en Hollande, à cause du changement climatique et de ses conséquences, d'autres, au contraire, en bénéficient. Le Martin pêcheur [Alcedo atthis], par exemple, y apprécie, depuis plus de 10 ans, les hivers moins froids, ainsi que le Butor étoilé [Botaurus stellaris]... Mais là non plus, tout n'est pas positif puisque les étés également plus chauds assèchent aussi plus rapidement les marécages où vit ce dernier.
Aujourd'hui plus de 5 millions d'oiseaux migrent en Hollande. Parmi les hivernants, c'est l'oie la grande gagnante : plus d'un million, de toutes sortes, des plus rares aux plus communes, et dont de plus en plus de couples s’installent pour nicher. [Tous les individus d'une même espèce, effectivement, ne migrent pas. Même l'Ouette d'Égypte [Alopochen aegyptiacus] et la Bernache du Canada [Branta canadensis], pourtant dites « exoti-ques ».] À cause des oies, la Hollande est même devenue la destination privilégiée des amateurs amoureux des oiseaux, des Ornithologues et des photographes !
Il y en a tellement, comme l'Oie cendrée [Anser anser], par exemple, ou la Bernache cravant [Branta bernicla] à Texel, une île dans le nord du pays, qu'en 2002 la Seconde Chambre a réintroduit la chasse, interdite en 1999/2000, à cause du mécontentement des paysans à qui un grand nombre d'oies ravage les prairies et les champs [blé hivernal]. C'est pourquoi 80 000 hectares de prairies sont aujourd'hui réservés aux oies. Sorti de là, et des réserves naturelles, le fusil reprend ses droits. Tout n'est donc pas gagné là non plus ! De plus, sur le plan climatique, « Il est difficile de prévoir comment les effets négatifs et positifs vont pouvoir s'ajuster dans le futur »...
Une chose est sûre, s'il est primordial de restaurer, de protéger et d'agrandir les zones sauvages protégées, au niveau national, comme le font les Pays-Bas ; au niveau européen, grâce à Natura 2000, et au niveau international, il est tout aussi primordial de promouvoir et d'installer partout une politique agricole durable... En attendant, il faut tout faire pour conserver la biodiversité qui nous reste et une des possibilités à la portée de nous tous est de nourrir nos oiseaux de jardins toute l'année [voir notre dossier spécial].
|
| |
| |
| Naturellement Vôtre, |
© Evelyne L.
2 février 2010
|
| |
|
| |
|
| |
[1] La France, évidemment, a mis longtemps à réagir, a été sanctionnée 3 fois par la Cour de justice des Communautés Européennes, de 2000 à 2002, puis menacée de sanctions, ce qui l'a enfin amené à presenter 400 dossiers en avril 2006, se traduisant par un accroissement de la surface du réseau français de + 14 % au titre de la directive Habitats-faune-flore et de + 167 % au titre de la directive Oiseaux... [source : Wikipedia]
[2] Source LPO : lire leur article sur la Spatule blanche, sa protection et la chasse...
[3] De 6000 couples nicheurs en 1954, il en restait 100 en 2004.
[4] Grasduinen [magazine sur la nature, oiseaux et autres, et sur la photographie].
|
| |
|
 |
| |